26 février 2009
CHAMPAGNE 1918
combats de champagne
du 26 sept. au 5 octobre 1918
La tranche de la bataille de CHAMPAGNE à laquelle a pris part le 174° du 26 Septembre au 5 Octobre peut se diviser en deux actes:
Ie Acte : du 26 au 28 Septembre inclus comprend 3 phases :
a) – Enlèvement de l' ancienne Ière position française.
b) - Enlèvement de la zone de grand combat.
c) – Enlèvement de la 2° position allemande.
2e Acte : du 3 au 5 octobre, comprend deux phases :
a) – Enlèvement de la 3e position et main-mise sur les débouchées des défilés.
PERIODE DU 26 AU 28 SEPTEMBRE -
A) – MOUVEMENTS PREPARATOIRES :
Dans la nuit du 24 au 25 septembre les Btns CHAPUIS et FENOUL du 174° viennent relever le 21°BCP dans le secteur de la maison forestière. Le Btn FRENOT se place derrière eux dans la nuit du 25 au 26 septembre.
Le 26, de grand matin, le régiment prend son dispositif d'attaque dans la zone qui lui attribué, au centre du secteur de la division, suivant les prescriptions du plan d'engagement.
B) – EXECUTION :
I – Première phase,
Après préparation d'artillerie violente, l'attaque se déclenche le 26 septembre à 5h25.
Le Btn. CHAPUIS progresse tout d'abord rapidement dans le ravin de la POULE et dans le bois du CAMEROUN, la réaction ennemie est faible, mais la marche se trouve gênée bientôt par la densité du brouillard mêlé au voile de fumée des obus fumigènes. Les liaisons sont momentanément rompues; elles sont vites rétablies et le Btn continue à pousser de l'avant. Il enlève vivement les Ouvrages THILL, SANS-NOM et RAPP et arrive devant notre ancienne ligne de surveillance. Celle-ci est fortement tenue, mais en deux bonds elle est prise à l'ennemi.
A 10h20 le Btn CHAPUIS a atteint son objectif et s'y organise. Il a fait une centaine de prisonniers.
Le Lt-Colonel transporte son P.C. À l'ouvrage THILL.
IIeme phase
I° - Les Btns FENOUL et FRENOT ont suivi, dans sa progession le Btn CHAPUIS.
Le Btn FENOUL qui doit prendre à son compte l'attaque de la Ière position allemande ( partie Est de la BUTTE de SOUAIN ) se conforme à l'ordre d'engagement et prend ses emplacements dans la tranchée de CORSE : Cie RUMEAU à droite – Cie GUERNET au centre – Cie POTEAU à gauche.
La mise en place est laborieuse : de violents feux de mitrailleuses venant de la gauche, des minens de gros calibre provenant de la tranchée des ARCHIDUCS nous causent des pertes sévères.
A 14 h. le Btn s'élance à l'attaque. Il doit progresser pas à pas, combattre sans arrêt au fusil, à la grenade et réduire un à un les nids de résistance ennemis. A 14h30 la Tranchée des SATYRES est enlevée. A 15h50, nous tenons toute la tranchée de DANTZIG en liaison à droite avec le 170°, à gauche, avec le 409°.
Le Cdt du Btn remet de l'ordre dans ses unités et consolide le gain acquis, tandis qu'il pousse des éléments de surveillance jusque dans le bois du CORBEAU et la voie de 0,60.
La nuit arrive. Le Lt-Colonel donne l'ordre au Btn FRENOT de serrer au plus près du Btn FENOUL pour l'étayer – à la section de stokes de se porter dans la tranchée de DANTZIG, pour battre le fond du ravin en avant de la voie ferrée.
A 18h50, pour assurer encore une inviolabilité plus grande, au front atteint, il envoie au Lt-Colonel Cdt le 222° R.A.C la demande suivante :
26-9-18 : 18h50
Le Lt-Colonel 174° à Lt-Colonel 222° R.A.C.
« Je demande un tir sévère, aussi dense et aussi long que possible sur le bois du CORBEAU et les bois 0349 – 0549 et 0647.
Il est indispensable de battre tous les bois au Sud de la parallèle 275 jusqu'à la voie ferrée étroite et dans les limites de notre sous-secteur.
Plusieurs fusées de barrage ont été tirées par le Btn de I° ligne ; elles n'ont pas été suivies d'effet »
2°-L'attaque doit être reprise le 27 au matin , il faut enlever le 2° objectif.
Le Lt-Colonel décide que le Btn FRENOT prendra cette attaque à son compte et il envoie à 23h40 l'ordre suivant:
P.C.26-9-18 23H40
-Ordre-
I – Ci-joint copie de l'ordre d'opération de la DI
II – En exécution de cet ordre , le 174° exécutera les mouvements suivants:
a) – Le Btn FRENOT prenant le dispositif prescrit dans le plan d'engagement du Rgt .( après avoir récupéré la Cie ) traversera le Btn FENOUL et passera jusqu'au COUPERET inclus.
Il fera reconnaître la ligne des batteries 19.55 – 0855 – 05.54 -( Bois T.51 et T.52 ) et l'occupera ensuite si possible.
Partant de cette dernière base et opérant de la même façon (reconnaissance préalables, puis occupation ) il gagnera les tranchées de BONN et WIESBDEN et se tiendra prêt à deboucher quand l'ordre lui en sera donné sur le 2° objectif.
b) – Le 2°Btn (CHAPUIS) traversant également le I°Btn aura ses éléments de tête à la voie étroite, lorsque le Btn. FRENOT occupera le COUPERET et ses éléments de tête aux bois T.51 et T.52, lorsque le Btn FRENOT occupera les tranchées de WIESBADEN et de BONN.
– Le Btn FRENOT devient réserve de DI, reste jusqu'à nouvel ordre sur sa position qu'il organise.
III- Le Lt- REICH se mettra avec son canon de 37 et ses 2 stokes à la disposition du Btn FRENOT pour accompagner l'attaque.
V- La bataille continue vers le Nord, il faut que l'effort de chacun se porte vers l'objectif éventuel qu'il gagnera coûte que coûte, en profitnant de la moindre défaillance de l'ennemi.
VI- Commencement du mouvement à 2H30.
VII- Compte-rendu au Colonel dès que chacun des objectifs sera atteint.
VIII- P.C. du Lt-Colonel boyau de CORSE, jusqu'à nouvel ordre.
Axe de déplacement du P.C. : Boyau de MECLEMBOURG prolongé.
Les bataillons prennent leurs dispositions dans la nuit.
Le Btn FRENOT capture des prisonniers près de la voie ferrée.
L'ordre d'attaque de la DI arrive à 3H, il est transmis de la façon suivante :
III- Troisième phase.
Le Lt-Colonel fait exécuter, dans la nuit du 27 au 28, un passage de lignes par le Btn CHAPUIS qui doit prendre à son compte l'attaque de l'objectif éventuel.
Le Btn FENOUL est poussé dans les tranchées de BONN et de WIESBADEN.
Deux sections de chars d'assaut sont mises à disposition du Cdt. CHAPUIS. Le Lt-Colonel donne au Cdt. CHAPUIS les directives suivantes :
« Au cours de l'attaque, il s'agit de pousser le plus rapidement possible sur les objectifs, direction Nord. Pas d'alignement, manoeuvrer, dépasser les unités arrêtées pour les aider »
L'attaque se déclenche à 5H45. Le Btn CHAPUIS atteint d'un seul élan les tranchées des PRUSSIENS et de OSTERODE et pousse des éléments de tête jusqu'à la tranchée VON FLECK. La progression est si rapide que la liaison n'est pas maintenue à droite et à gauche ; il cherche quand même à pousser jusqu'à la tranchée d' ESSEN: quelques élément y parviennent, mais ils ne peuvent s'y maintenir.
Les chars d'assaut ne peuvent prêter une aide éfficace : ils sont en butte au tir de l'artillerie et plusieurs sont mis hors de combat.
L'ennemi tient très solidement ce point capital pour lui. Deux blockauss prennent de flanc et par derrière nos éléments établis dans les tranchées des PRUSSIENS et d' OSTERODE. Les liaisons sur un immense glacis qui s'étendé de la voie ferrée à la Tr. Des PRUSSIENS sont excessivement difficiles : le ravitaillement en munitions est presque impossible. On parvient néanmoins à envoyer des grenades au Btn. CHAPUIS et un caisson à munitions pousse, attelé, jusqu'à la tranchée d'OSTERODE.
Le Lt-Colonel transporte son P.C. À la voie ferrée, vers 09.66.
Au cours de l'après-midi du 28, la situation devient plus critique encore. Une contre-attaque a refoulé le 409e de la tranchée des PRUSSIENS : Le Lt-Colonel soutient le Btn CHAPUIS à gauche par un engagement d'artillerie.
A droite, il y a un vide entre le 174e et le 170e, vide occupé par l'ennemi. Une Cie de Btn FRENOT est poussée en avant et à droite pour surveiller ce coté.
A 17H. , une attaque est montée en liaison avec le 170e et le 409e pour atteindre complètement l'objectif éventuel et assurer les liaisons sur cet objectif.
P.C. Voie ferrée 28 sept. 16H30
-ORDRE-
I – L'opération demandée par le Cdt CHAPUIS aura lieu 20 minutes après le déclenchement du tir d'artillerie sur le saillant N d' OSTERODE.
II – Cette opération a pour but de s'enparer définitivement de l'objectif éventuel ( saillant Nord de la tranchée d' ESSEN )
III – Elle sera précédée d'une préparation d'artillerie violente et rapide de 30 minutes sur les organisations ennemies au Nord de la tranchée d' OSTERODE.
IV – Le Btn CHAPUIS soutenu par le Btn FRENOT agira par la droite et par rabattement, de façon à occuper la tranchée d' ESSEN dans les limites du Rgt.
V – Si l' opération réussit le Btn FRENOT poussera aussitôt 2 compagnies dans la tranchée d' OSTERODE, une à droite, celle-ci en face du bois des EPINES, Une autre à gauche, la 3e Cie se portera sur le chemin de terre de SOMME-PY au bois des EPINES.
VI – Le Btn GUERNET mettra deux Cies entre la route de SOMME-PY – AURE incluse et laissera une Cie dans la partie gauche de la tranchée de WIESBADEN : mission de flanquement à gauche.
Au moment ou notre attaque se déclenche, l' ennemi contre-attaque par la droite, mais il est rejeté. Le Btn CHAPUIS maintient ses positions de la tranchée des PRUSSIENS, mais il ne peut occuper la tranchée d' ESSEN toujours fortement tenue.
La 9°Cie est mise à sa disposition pour combler les vides entre le 174° et le 170°.
Ordre est donné de s'organiser.
I° Btn : tranchée de DANTZIG
3°Btn : ancienne Ière ligne française
2°Btn : ouvrage THILL et RAPP.
P.C. du Lt-Colonel : tranchée de DANTZIG, à l' intersection du boyau de MECKLENBOURG.
Durant cette dure période, le régiment par un magnifique effort a donc enlevé les objectifs qui lui étaient assignés.
Il a progressé de huit kilomètres, dans les organisations formidables que l' ennemi avait accumulées depuis 4 ans. Il a capturé plus de 500 prisonniers, pris 20 canons, dont 4 de 150, un minen de 240, plusieurs centaines de mitrailleuses, des fusils contre tanks et un important matériel : wagons, matériel du génie, dépôt de munitions, ect...
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PERIODE du 29 Septembre au 3 Octobre.
C' est une période de réorganisation; le régiment doit suivre dans le sillage du 17°RI qui a pris l' attaque à son compte et progresser avec lui.
La progression de la 170° DI est lente et laborieuse. Les Btns du 174° serrent peu à peu sur elle et occupent les points d' appui successifs qu' elle laisse libres.
Le 2 octobre au soir, la situation du régiment est la suivante :
I° Btn : ( Btn DUC ) tr. d' ESSEN, VON FLECK et d' OSTERODE.
3°Btn : ( Btn FRENOT ) échelonné entre la route SOMME-PY – AURE et la voie ferrée.
2°Btn : ( Btn CHAPUIS ) tranchées de WIESBADEN et de BONN.
P.C. du Lt-Colonel : tranchée de DANTZIG.
PERIODE du 3 au 5 Octobre.
Le 2 octobre au soir de la 167°DI reçoit l' ordre de reprendre l' attaque à son compte.
Il y a changement de limites et changement de directives d' attaque.
I – Mesures préparatoires.
Le Lt-Colonel donne l' ordre suivant :
P.C. 2 Oct. 19H20
Ordre -
I- Nouvelles limites du 174° RI
Ouest : point 11.00 – enbranchement triangulaire de voies decauville à 5OO m. de la ferme MEDEAH sur le decauville MEDEAH-ORFEUIL. A partir de ce point, les limites précédemment fixées.
Est : Point 18.04 – point 01.26 – au dessus de ce point, les limites précédemment fixées.
II – Pour la mise en place des unités, les mouvements suivants seront exécutés dès la reception du présent ordre ( après soupe mangée )
I° - Le Btn DUC glissant le long de la voie de 60 qui coupe le saillant d' ESSEN, suivra le chemin à 2 traits pointillés qui va au fond de AURE, et il arrêtera sa tête au fond d' AURE.
Il fera alors face à gauche , marchera sensiblement sous un angle de 45° ( direction Nord-Ouest ) et gangnera sa base de départ, tenus actuellement par une Cie du Ier Btn du 116° et des éléments du 3° Btn du 116°.
Les éléments du 116°RI ne doivent pas quitter leurs emplacements; ils doivent etre passés par le 174°, au déclenchement de l' attaque.
2° - Le Btn FRENOT glissera parallèlement au Btn DUC et il se placera face au Nord-Ouest dans le bois des RONCES sur le chemin qui prolonge le voie ferrée de 0,60 et aboutit au fond d' AURE.
3° - Le Btn CHAPUIS, suivant le boyau d' ARMENIE prolongé s' établira face au Nord-Ouest dans les bois V.90 et V.91.
III- Même dispositif d' attaque que le 26 Sept.
Le capitaine DUC fera suivre avec lui le canon de 37.
IV – Le Btn CHAPUIS fournira une Cie de nettoyeurs au Btn DUC.
Le Btn FRENOT fournira la ½ Section de liaison avec le 409°.
V – P.C. du Lt- Colonel : vers le BRUNNEN GRUND; l' emplacement exact sera communiqué dès qu'il sera déterminé.
Les Cdts de Btn se relieront dès leur mise en place, au P.C. du Colonel di 116°RI.
Dès que le P.C. du Lt-Colonel sera installé, les coureurs seront placés par les soins du Lt-Colonel vers son P.C.
VI- La mise en place des unités devra être terminée pour 4H. du matin.
C.R. sera adressé au Lt-Colonel par la chaîne des coureurs.
VII- Heure H : 5 heures 50m. Les 3 Btns partiront à l' heure H.
VIII- Pour faciliter à la mise en place, le capitaine DUC demandera des guides au Colonel du 116° qui a son P.C. dans la tranchées d' ESSEN, au sud du bois des EPINES.
IX- Dès la mise en place, prendre les liaisons latérales et de l' arrière vers l' avant.
X – C.R. au cours de la progression toutes les vingt minutes par tous les moyens possibles, surtout coureurs, P.V. . T.P.S.
Cet ordre est confirmé et complété par l' ordre ci-dessous de 23H50 :
P.C. 2 Oct. 23H50
- Ordre -
I – Direction générale de l'attaque : Fme MEDEAH
II – Préparation de l'attaque : A H- 5 m. préparation brutale et intense sur les premières lignes de résistance connues – tir de destruction sur les arrières – emploi de fumigènes .
III – Exécution de l'attaque. A H., les chars d'assaut partent devançant l'infanterie.
Chaque Btn de tête aura à sa disposition une section de 75 approvisionneé à 66 coups par pièce, remorqués par des chars SCHEINDER pour détruire les resistances locales.
Une Cie de chars légers à la disposition du Régiment.
L'infanterie doit coller aux chars tant qu'ils marcheront pour exploiter leur effet surprise, de terreur, de neutralisation et de destruction de l'ennemi.
IV-Génie . Un gradé et 15 sapeurs pour la destruction des pièces marcheront avec les nettoyeurs du bataillon de tête.
V – Jalonnement de la ligne.
3 jalonnements fermes à exécuter :
I° - sur la route MEDEAH – ORFEUIL.
2° - sur la route SEMIDE -St – ETIENNE à ORNES.
3° - sur la route SEMIDE- St ACHAULT.
Deux entre-jalonnements obligatoires, l'un à 5H. , l'autre à 15H.
Donner des renseignements très fréquents; ils sont indispensables pour l'action d'artillerie.
VI – L'action engagée doit être décisive et nous amener en terrain libre. Elle doit se poursuivre le plus loin possible en direction de PAUVRES et de RETHEL.
La marche sera décidée, aussi rapide que le permettra la progression des chars qui devront être dépassés en cas d'arrêt. Les résistances locales devront être manoeuvrées et laissées pour compte aux unités en 2° ligne pour réduction définitive.
Il s'agit d'arriver aussi vite que possible sur la crète MEDEAH-ORFEUIL et marquer le temps d'arrêt minimum pour la remise en ordre des unités et la préparation de la reprise du mouvement en avant.
Si l'ennemi ne resiste pas, il sera constitué une avant-garde pour la DI ( 174° - groupe JENNEAU – peloton DRES).
Le Btn FRENOT serait, dans ce cas, bataillon d'avant-garde.
Axe général de marche de l'avant-garde : Chemin de la ferme SCAY- Est de MACHAULT.
VII – La 5° Division de cavalerie passera vraisemblablement devant l'infanterie quand nous lui aurons ouvert la porte MEDEAH-ORFEUIL.
VIII – La section de 75 qui sera trainée par des chars marchera avec la Btn de tête. L'officier commandant sera avec le Chef de Btn. Qui lui indiquera des objectifs.
IX – Heure H : 5H50, le 3 octobre 1918.
II- Exécution de l'attaque.
Malgrès les difficultés de la mise en place, le Btn DUC (I°Btn) marche sur l'objectif assigné. Il traverse le barrage de canons lourds, mais sans que son élan en soit diminué.
La gauche en avant, couvert à droite par la 3°Cie et par la 6°Cie mise à la disposition, il s'empare des tranchée Sud de AURE, des lisières Sud du bois du CHIEN, nettoie le FUSSILIER-LAGER et atteint à gauche la voie ferrée ORFEUIL-MEDEAH en liaison avec le 409°. Il est 9H.
Les chars d'assaut rendent quelques services, mais en raison des difficultés du terrain, ils ne peuvent donner un rendement considérables.
Pendant que la gauche progresse, le nettoyage des nids de résistance s'opère peu à peu : lE BOIS V.II est nettoyé par le S/Lieut. ARLAND qui fait avec sa section 94 prisonniers – un centre de résistance au Sud de V.10 est encerclé par des éléments du 116° et de la 3°Cie du 174°, mais il ne pourra être réduit qu'à la nuit. La tranchée Nord d' AURE tient toujours jusque 02.17.
V-6 tient aussi et plsieurs tentatives faites pour le réduire ne réussissent pas.
Le Btn FRENOT glissant derrière la gauche du Btn DUC étaye celle-ci et occupe toutes les tranchées d' AURE entre le bois du CHIEN et la voie ferrée MEDEAH-ORFEUIL. Il fait un crochet defensif au Nord-Est prêt à repousser toute contre-attaque venant de l'Est.
Le Btn CHAPUIS tient les tranchées Sud d' AURE.
Etayé à gauche, en liaison intime avec le 409°, le Btn DUC glisse le long de la voie ferrée. Des reconnaissances sont poussées au Nord jusqu'à la route ORFEUIL-ST ETIENNE à ORNES. Elles capturent un canon de 77 à la corne N.O. du bois N.36 et entrent en contact avec des patrouilles américaines.
Prises sous le feu de notre artillerie, elles viennent occuper la tranchée à 150 m. de la voie ferrée.
L'incertitude ou se trouve le Cdt. du Btn. sur la situation du voisin de droite qui est à 1.5OOm. en arrière le détermine à s'établir sur la position conquise.
Le Lt-Colonel, mis au courant de la situation, prescrit alors de prendre la disposition suivante :
Btn DUC sur la voie ferrée, face au N et au N.E. En liaison à gauche avec le 409° - des éléments de tête dans la tranchée N. de la voie ferrée – étayé par une Cie en face de V.6.
Btn FRENOT, vers V.5, échelonné vers la droite
Btn CHAPUIS, sur la tranchée Sud d' AURE.
Un barrage est établi par deux batteries sur le front : 100 m. Sud du parallèle 283 et un engagement à l'Ouest de R.38 et R.39 à ce barrage complète la sécurité des éléments avancés.
Les tirs de destruction sont demandés par le Lt-Colonel sur les abris au Sud de la route ORFEUIL-St-ETIENNE, sur R.29 et R.17.
En vue d'assurer la sécurité du s/secteur pour la nuit et la conservation des avantages acquis, le Lt-Colonel donne l'ordre suivant :
P.C. 3 Oct. 14H.
Ordre -
I – Une opération sera tentée ce soir à 17H. pour permettre au 174° de conserver les beaux avantages qu'il a acquis au cours de la journée, et de passer la nuit en securité.
II- But de l'opération: S'emparer de la crète au N. du decauville MEDEAH-ORFEUIL.
III- Préparation: à H-10, tir d'A.L. Sur les bois R.29, R.30, R.31, R.12 et du COQ. Barrage fixe d'A.C. sur la route ORFEUIL-St-ETIENNE, avec encagement à la lisière Ouest du bois R.37.
IV- Exécution:
I° - A H, le barrage se met en marche vers le Nord et vient s'appliquer sur le barrage de jour à la vitesse de 100 m. en 2 minutes, il s'arrêtera à la lisière N des bois R.30, R.29 et y restera pour la nuit.
2° - L'opération sera exécutée par les Btns FRENOT et GRENET qui agiront accolés, FRENOT à gauche, GRENET à droite.
Limites: lisière O de R.36 prolongée.
Les 2 bataillons franchiront le Btn DUC. Celui-ci fera face à droite pour garantir le flanc droit lorsque les Btns FRENOT et GRENET auront atteint leurs objectifs.
3° - En fin d'opération, les Btns FRENOT et GRENET devront avoir leur gros à hauteur de la route et leurs éléments de surveillance à hauteur des réseaux de fils de fer au N.
La Cie de queue du Btn GRENET fera aussi face à droite et prendra la liaison avec la Btn DUC.
4° - signal de l'objectif atteint : chenille blanche.
Par suite de la situation générale, contre ordre est donné et le régiment s'organise conformément aux directives données précédemment.
A 15H15, le Btn FRENOT est violemment contre-attaqué. L'ennemi débouche en force de V.6. La II°Cie reçoit le choc et ne bouge pas faisant subir à l'ennemi de lourdes pertes. Se lançant à son tour, sur les traces de l'ennemi qui s'enfuit. Elle lui prend 2 mitrailleuses et achève de le mettre en déroute.
Le Lt-Colonel transporte son P.C. au bois bois V.52 vers 11.05. Il prescrit au Btn CHAPUIS d'établir à tout prix la liaison avec le 170°RI. Cette liaison s'établit dans la nuit ; le dernier centre de résistance ennemi est réduit à 3H30.
Dans la nuit du 3 au 4, le 367°RI vient dépasser le 174°
Les éléments du 174° restent en place et le Lt-Colonel donne l'ordre suivant :
P.C. 4 Oct. 2H.30
-ordre-
I – Après avoir été dépassé par les unités du 367° les Btns du 174° se regrouperont sur les emplacements qu'ils occupent. Ils seront remis en ordre, les Cies formées à 2 sections, et ils se tiendront prêts à suivre les éléments de queue de 367° au fur et à mesure de la progression.
Ils recevront pour cela des ordres du Lt-Colonel.
Les mitrailleuses seront placées aux ailes.
Ordre de marche des Btns : 3° - 2° - I° .
II – Les T.C. Sont actuellement vers le bois duu CORBEAU.
Les Cdts de Btn. Prévoieront le ravitaillement en vivres chauds et en eau de leurs unités.
Les cuisines roulantes et les voitures à eau pourront pousser jusque dans le ravin de PAVILLON et PUITS, s'il n'y a pas trop de canon, ou à la lisière S. du bois des EPINES.
Dans la nuit du 4 au 5, les Btns DUC et FRENOT sont retirés et se regroupent : Btn DUC dans les tranchées d'ESSEN et d'OSTERODE; Btn FRENOT vers le BRUNNEN-GRUND.
P.C. du Lt-Colonel sans changement.
Le 6 au matin, le 174° en entier vient prendre poste dans son ancienne bande :
3° Btn : Bois V.72 et V.74
2° Btn : Route SOMME-PY – AURE. Et voie-ferrée.
P.C. du Lt-Colonel : tranchée VON FLECK vers 05.88
La journée du 3 octobre a été fructueuse :
Le régiment a fait une avance de 2kilomètres; atteint les dernières organisations ennemies, capturé 230 prisonniers, pris I canon de 77 et un nombre considérable de mitrailleuses.
-CONCLUSION-
Lorsque le régiment a attaqué le 26 septembre, il était en secteur depuis le II août. Il avait exécuté plusieurs coups mains, tous couronnés de succès et l'effort d'organisation fourni était considérable. Fatigué, sans avoir le temps de prendre le moindre repos, le 174° est face à son objectif.
Chacun sent que l'heure est venue de frapper un coup décisif et chacun met tout son coeur à culbuter l'ennemi. L'élan est extraordinaire. Officiers et soldats partent et mènent l'attaque avec un entrain endiablé et cet effort se traduit par un gain de terrain de 12 kilomètres en profondeur par l'enlèvement de formidables positions organisées depuis 4 ans, par la capture de plus de 700 prisonniers, de 21 canons dont 4 lourds, de nombreux minens, d'une quantité considérable de mitrailleuses et d'un marériel important.
Les pertes sont lourdes. Elles sont les suivantes :
Officiers: tués: Capitaine MARTIN
Lieut. LEFEVRE
S/Lieut. LAIR
S/Lieut. DESBOIS
Troupes: tués: 78 hommes
bléssés: 270 dont 27 officiers
disparus: 25
Le 174° a ouvert une brèche dans tout le système défensif de l'ennemi et préparé les futures actions qui doivent assurer la victoire: tâche rude, mais glorieuse, que le régiment reprendra avec le même allant et la même énergie lorsque l'heure sera venue.
Lt-Colonel DE MISCAULT Cdt le 174°RI
P.C. le 07 Octobre 1918.


