Formé le 11 Février 1915, par ordre n°2882 du 8 Février du Général Commandant en Chef, créant la 48° Division, composée des 95° et 96° Brigades, de nouvelle formation avec 2 bataillons tirés du 170° Régiment d'infanterie, alors stationné dans la région de Retheuil (Aisne) et un bataillon de marche venu de Langres, et fourni par le 21° Régiment d'infanterie.
Le 174°RI, commandé par le Lieutenant-Colonel VERET forme, avec le 170°, la 95°Brigade d'infanterie.
Un mois à peine après sa formation, pour ses débuts, le 174° prend une part très active aux combats de Mesnil-les-Hurlus (Cote 196, bois Jaune brulé), du 12 au 26 Mars 1915.
Malgrès les fatigues de plusieurs jours de tranchées au contact continu de l'ennemi, le troupe fait preuve de beaucoup de mordant et d'enthousiasme. Les pertes éprouvées ont été sensibles. Les chefs ont la conviction de pouvoir dire que toutes les pertes ont été faites face à l'ennemi sans que le plus petit mouvement de recul se soit produit, au contraire , du terrain a été gagné.
Le 27 Mars , le régiment quitte ses emplacements après relève pour aller bivouaquer aux environs de Somme-Tourbe, d'ou il part après avoir été reconstitué en partie, pour gagner son cantonnement de repos, d'abord à Saint-Amant-sur-Fion, puis à Somme-Vesle.
Le 25 Avril 1915, le régiment est enlevé en automobile à 9 heures du soir, pour etre transporté dans la région de Verdun (Meuse), région dans laquelle il est débarqué le 26 Avril. Il cantonne à Belleville jusqu'au 1er Mai, date à laquelle il exécute son mouvementpar voie de terre pour se rendre dans le secteur des Eparges qu'il chargé d'occuper.
Durant son occupation, du 3 au 9 mai , sans céder un ouce de terrain, le régiment contribue fortement à repousser les attaques allemandes du 5 mai, dirrigées nottament sur sa droite (deux bataillons) et a infligé à l'ennemi de lourdes pertes.
Le 10 mai 1915, le régiment va prendre après relève, quelques jours de repos à la caserne Chevert, près de Verdun.
Il embarque, en gare de Dugny, le 14 mai il fait mouvement par voie ferrée pour gagner le secteur de Notre Dame de Lorette, secteur très mouvementé, dans lequel il prend part aux opérations du 19 au 26 mai.
Pendant cette période, il occupe l'éperon de Notre Dame de Lorette, sous un violent bombardement qui bouleverse les tranchées et les boyaux et interdit toutes communications, il livre chaque jour d'incéssants combats.
Le 16 juin, il est à Angres, où, sous l'energique impulsion du Colonel Colonna D'Istria, il attaque la tranchée des "Saules" et l'enlève avec un entrain et une fougue irrésistibles.
Le 174° fait partie de la 48° division qui, à la suite des opérations de Notre Dame de Lorette et d'Angres, est cité avec le 21° corps d'armée et la 58° division à l'ordre de la Xème armée pour avoir :
"SOUS LE COMMANDEMENT DU GENERAL MAISTRE, ONT FAIT PREUVE, AU COURS DES ATTAQUES RENOUVELEES,PENDANT PLUSIEURS SEMAINES CONSECUTIVES, ET SOUS UN BOMBARDEMENT INTENSE ET CONTINU DE JOUR ET DE NUIT, DE L'ARTILLERIE ENNEMIE, D'UNE TENACITE DE TOUTE ELOGE"
La 3° compagnie du régiment est citée à l'ordre de la division n°10 du 9 juillet, avec la mention ci-après :
"CHARGEE D'ENLEVER UNE TRANCHEE ENNEMIE, DEFENDUE AVEC OPINIATRETEE,S'EN EST EMPAREE SOUS UN VIOLENT FEU D'ARTILLERIE PAR UNE BRILLANTE ATTAQUE A LA GRENADE ET EN FAISANT UN GROUPE DE PRISONNIERS, CE QUI A EU POUR CONSEQUENCE DE COUVRIR LE FLANC DROIT DE LA DIVISION DANS SON MOUVEMENT EN AVANT ET A AIDE LA PROGRESSION DES TROUPES VOISINES"
A la suite des différentes opérations auxquelles le régiment a pris part sur le front de Notre Dame de Lorette et d'Angres, il est appelé a opérer dans le secteur de Vingré-Confrecourt (Aisne) , il fait alors mouvement en camions le 6 juillet d'Hersin-Coupigny à la gare de Saint Pol, Pas de Calais, s'embarque dans cette gare et est transporté à destination de Longpont (Aisne), où il débarque le 7 juillet à 7 heures, stationnement pendant quelques jours à Coucy, puis il se rend par voie de terre à Montigny, Langrain où il profite d'un repos lui permettant de se reconstituer complétement.
Il prend enfin possession du secteur de Vingré-Confrecourt qu'il occupe pendnant la période du 2 aout au 16 septembre 1915.
Le 23 aout, le régiment reçoit son drapeau. La remise a lieu à Rethondes et à Sainte Claire.
Le 5 septembre, le lieutenant colonel Dubois prend le commandement du régiment, en remplacement du colonel Colonna d'Istria promu général.
Appelé a participer aux affaires de fin septembre 1915, le régiment fait mouvement par voie ferrée le 27, et le voilà arrivé en pleine action devant la butte de Souain. Là encore la lutte est rude. On se rappelle l'émoi que causa à nos ennemis le coup violent que leur asséna le général de Castelnau enfonçant les lignes mêmes où 3 ans plus tard devait se décider le sort de la guerre. Plus de 30 000 prisonniers, 300 canons, tel était le bilan de cette brillante bataille.
Le régiment eu sa part brillante, février 1916 trouve le régiment à Verdun où, à deux reprises, sous les ordres du lieutenant colonel Dubois, il fit preuve d'une indomptable energie.
Le 28 février, il s'empare du "Bois Feuilla" et de la ferme de Soupleville, aux environs d'Eix.
Le 3 mars, il attaque le village de Douaumont, et s'y maintient quelques temps, malgré les vigoureuses contre-attaques ennemies sortant du Fort de Douaumont et un bombardement formidable de la position.
Le 25 avril le 174° RI monte de nouveau devant Verdun, dans le secteur de Fleury, le 7 mai il attaque le fortin " vigoureux" et la tranchée "Morchée" et malgré la violence extrême du bombardement, obus de gros calibre (150-210-305) et tropilles qui bouleverse nos tranchées et nos boyaux, qui ensevelit les défenseurs, les vagues allemenandes, fauchées l'une après l'autre, ne peuvent aborder nos lignes; le couteau à la main, l'ennemi s'élance sur nos positions, où le déluge de fer s'abat avec une violence inouie, c'est une lutte gigantesque, un combat infernal : quelques allemands parviennent à 5 mèttres de nos tranchées mais tombent à leur tour. 3 attaques menées avec une énergie farouche et désespérée se brise devant nos feux, pas un pouce de terrain n'a été perdu.
Le 174° RI reçoit le 28 mai 1916, pour cette admirable conduite devant Verdun, la citation suivante :

ORDRE DE LA IIème ARMEE

"SOUS L'IMPULSION DU LIEUTENANT-COLONEL DUBOIS, CHEF ENERGIQUE, BRAVE, ET D'UN REMARQUABLE SANG-FROID AU LENDEMAIN D'UNE ATTAQUE QUI LUI AVAIT PERMIS DE PRENDRE PIED DANS UN FORTIN PUISSAMMENT DEFENDU,A RESISTE, SANS PERDRE UN POUCE DE TERRAIN, A PLUSIEURS ASSAUTS SUCCESSIFS ET VIOLENTS, PRECEDES D'UNE VIOLENTE PREPARATION D'ARTILLERIE, QUI AVAIT DETRUIT SES DEFENSES ACCESSOIRES ET NIVELES SES TRANCHEES : A FAIT SUBIR A L'ENNEMI DES PERTES SERIEUSES.
S'EST TOUJOURS DISTINGUE PAR SON ENDURANCE ET SA GRANDE BRAVOURE, DANS LES NOMBREUSES AFFAIRES AUXQUELLES IL A PRIS PART."