La fin du mois d'Aout est marquée par une activité croissante de l'ennemi.Son artillerie surtout fait un usage considérable d'obus à gaz, qui rendent le séjour dans les tranchées assez pénible et nous causent des pertes regrettables. Il faut maintenir l'ennemi en haleine, préparer le régiment à une grande offensive qu'on sent proche.
Cependant, il faut etre partout pret à contenir une contre-offensive, toujours possible de l'ennemi. La tache du régiment consiste donc à améliorer les positions et à tenter des coups de main. Le 29 Aout , le Lieutenant-Colonel De Miscault monte avec le concour de l'artillerie une reconnaissance offensive dans le bois Guillaume, dont le nom est légendaire. A 5 heures, après une préparation très courte , mais très violente de l'artillerie, la 11° Compagnie se jette sur le bois Guillaume. Les Boches qui refusent de se rendre sont tués dans leurs abris. Au bout d'une demi-heure, la 11°Compagnie rentre avec 9 prisonniers. Le Général NAULIN, Commandant le 21°Corps d'Armée tient à venir lui-meme, dès le lendemain remettre les récompenses aux braves qui ont appris aux Boches que le 174°RI était un peu là.
Le 11 septembre, c'est une forte patrouille du 1er Bataillon qui se jette par surprise à la nuit sur un poste allemand qu'elle extermine et ramène un prisonnier. Le 18 septembre, les Boches tentent un coup de main sur le G.C.Frédéric, à l'ouest du bois Guillaume.
L'ennemi échoue sous les fux du 2ème Bataillon et laisse 2 prisonniers entre nos mains.
Le lendemain, à minuit, la compagnie Corréard se jette sur la tranchée de MAILLY, pousse jusqu'à la cote 150 et ramène 4 prisonniers . Le Général NAULIN, comme il l'avait fait pour la 11ème Compagnie , remet lui-meme la Croix de Guerre aux braves de la 7ème compagnie.
L'ennemi se venge en bombardant avec rage le camp des abris Roques et les abords de Suippes.
Le 24 septembre, l'armée GOURAUD se prépare à l'attaque: les mouvements s'exécutent dans les nuits des 24 et 25. Le 174°RI glisse vers l'est, s'intercale entre le 409° et le 170° RI. Il s'établit dans la parallèle de départ dans l'ordre: 2° Bataillon(Commandant CHAPUIS), 1er Bataillon (Capitaine LE RASLE), 3°Bataillon (Commandant FRENOT).
L'objectif est la butte de Souain, puis la tranchée de Wiesbaden, le chemin de fer de Bazancourt, troisième ligne de la première position.
Après une magistrale préparation d'artillerie , qui commence à minuit le 26, le Bataillon CHAPUIS part à l'attaque avec ardeur, malgrès les tirs de barrage, les difficultés provenant du terrain, du brouillard et de la fumée, il atteint assez rapidement l'objectif qui lui est assigné, la tranchée de CORSE, face à la première ligne de la butte de Souain.
Le Bataillon LE RASLE exécute alors un passage de lignes, les compagnies POTEAU et RUMEAU, appuyées par la C.M. MARTIN et de l'artillerie de tranchée se lancent dans le No Manns Land bouleversé, en dépit des rafales de mitrailleuses et des barrages des minen du plus gros calibres. Le Capitaine LE RASLE et le Capitaine Martin sont là, en première ligne, sur la base de départ, dirigeant l'action, debout sous les balles.
Le premier Bataillon, emporté par sa fougue à travers toute la butte de Souain, dévale le long des pentes boisées le long du bois des CORBEAUX et du COUPERET, mais la nuit vient, il importe de s'arreter pour fixer le barrage de nuit et se regrouper. Le premier Bataillon doit se reformer sur la butte de Souain tandis que le 3° Bataillon (Capitaine FRENOT) exécutant à son tour un passage de lignes occupe le bois du COUPERET, en contact immédiat avec l'ennemi qui, pour couvrir son artillerie Lourde attardée, tient les tranchées de WIESBADEN et de BONN. Le résultat de la journée est satisfaisant: il a été fait plus de 200 prisonniers, un grand nombre de mitrailleuses, 3 canons, 1 minen de 240 et 6 fusils contre tanks, aussi une énorme quantité de matériel, des trains entiers capturés à la station du bois du CORBEAU, la position formidable de la butte de Souain , qui va permettre à notre artillerie de s'installer à la faveur de la nuit, aux tanks aussi d'aborder; la position intermédiaire est tenue. La nuit est employée à achever le nettoyage du terrain. Un Caporal ramène à lui seul 47 prisonniers. Une aataque est montée au lever du jour sur les tranchées de BONN et de WIESBADEN avec le concours des tanks. L'opération ne réussit que partiellement, le 3°Bataillon faisant 50 prisonniers s'empare de la tranchée de BONN mais arrété à gauche devant la tranchée de WIESBADEN