A 9 heures, les bataillons de tete ont atteint les objectifs, la journée est employée à réduire les centres de resistance dépassés qui, à chaque instant , se révèlent dans ce terrain accidenté et boisé que celui qui ne l'a pas vu ne peut se représenter.

Le Régiment voisin , n'ayant pu progresser aussi rapidement. Le 174°R.I. doit agir dans le secteur de droite . Là encore, il fait de nombreux prisonniers et fait ampte moisson de mitrailleuses. La compagnie RUMEAU, emportée par son élan , se lance à l'attaque d'une batterie de 77 sur la crète de MEDEAH, ORFEUIL, elle met en fuite les artilleurs et s'empare d'un canon.

A droite, la 11° compagnie ( Lieutenant INDRE ) repousse une violente contre-attaque allemande et s'empare de haute lutte de deux nids de mitrailleuses.

Dans la nuit , le 174°R.I., reste en place , le 7 se reconstitue, sur la position Bois des Ronces, tranchée d'Essen, le 9 va pour jouir d'un repos bien gagné dans la région de Tilloy.

Dès le 18, alerté de nouveau il file sur Suippes-Lude-Saint-Thierry, sur Neufchatel, ou la division se trouve en réserve de la 5° Armée, sous les ordres du Général GUILLAUMET, en face de la Runding-Stellung.

Le régiment , très éprouvé, n'a pas le temps de combler les vides creusés dans ses rangs ni de remplacer le matériel démoli. Néamoins, le moral du 174° est très élevé; n'a-t-il pas enfin obtenu cette fourragère tant attendue et si bien méritée pour le motif suivant

ORDRE DE LA IV° ARMEE

Régiment valeureux, aussi persévérant que mordant, appelé à participer à l'offensive après 18 jours consécutifs d'occupation de secteur a, sous la direction énergique et féroce de son chef, le Lieutenant-Colonel DE MISCAULT , mené pendant trois jours d'abord, puis une duxième fois , un combat acharné ou il a déployé toutes ses qualités d'audace et de tenacité. Du 26 au 29 , malgrès les defenses accessoires accumulées et le terrain bouleversé par le bombardement depuis quatre ans, a brisé la resistance désespérée de l'ennemi, s'emparant des organisations formidables de la butte de Souain et de la 2° position.

Ramené au combat dans la nuit du 2 au 3 octobre , il attaque le lendemain au jour avec la meme ardeur, refoulant l'ennemi à travers un terrain boisé, raviné, parsemé de reseaux et littéralement farci de mitrailleuses et parvient à prendre pied sur la crète d' Orfeuil, à la ferme de Medeah.

Au cours de ces quatres journées de bataille acharnée, il progresse de 12 kilomètres, s'empare de 750 prisonniers, de 21 canons, dont 8 lourds et 1 de 240, de plus de 300 mitrailleuses et de 6 fusils contre tanks.