N'a-t-il pas tressailli, d'un haine vengeresse en travarsant Reims, la cité détruite ? Le 22 Octbre , le Régiment bivouaque aux abords de Neuchatel, après avoir traversé le champs de bataille du Godat, de Mai 1917, le passage de l' Aisne, rendu très difficile par les destructions opérées par les Allemands dans leur retraite , imposée par la fougues des braves poilus. Grace à la bonne volonté de tous, toutes les difficultés matérielles sont surmontées , le Régiment s'installe dans de bonnes conditions aux emplacements qui lui ont été fixés. Le lendemain , les journées des 23 et 24 sont employées par les cadres à des reconnaissances, par la troupe à l'amélioration des communications. Le 25, le 174°R.I. se porte en avant dans la région de Lor ( Ferme de Ramonchamp ). Nos troupes subissent quelques pertes du fait du bombardement ennemi. Le 26, le 174°R.I. serre sur la 43°D.I. et se rapproche de le Thour. Le Lieutenant-Colonel va à la ferme du Tremblot. Le 27, la 167°D.I. relève la 43° sur les positions conquises au Nord de le Thour, face à Banogne, les 2° et 3° Bataillons sont en première ligne , le 1° Bataillon en réserve. La journée du 28 est employée en organisation de terrain et préparation de l'attaque . Le canon de 37 s'installe en première ligne. Le 29, après une préparation d'artillerie violente, mais mal réglée en raison du brouillard, la Division se porte à l'attaque : Les Bataillons FRENOT et CHAPUIS se lançent dans un magnifique élan, les premières vagues du Bataillon FRENOT pénètrent dans le moulin de Banogne, la 9°Compagnie , sous le commandement énergique du Sous-Lieutenant NOEL , tient toute la journée , sous un feu infernal sur ce point capital , contre lequel l'ennemi concentre tous ses moyens. Le Sous-Lieutenant pousse meme en avant de ce point d'appui au milieu des fils de fer . Il est blessé , le Bataillon, arreté dans sa progression , se fixe sur le terrain et tient la position conquises jusqu'à la retraite. Cependant, le Bataillon CHAPUIS traverse le glacis de 600 metres qui sépare Banogne de la base de départ. La C.M.2 se met en batterie à découvert à courte distance de l'ennemi. Cette audace lui cause des pertes douloureuses. L'ennemi résiste; c'est en vain que les pionniers cherchent à cisailler les fils de fer , ils sont trop larges ! Les deux Bataillons subissent des pertes très lourdes , mais en dépit d'une lutte opiniatre , ils s'accrochent aux fils de fer . Le Bataillons FENOUL, à la nuit , relève les deux Bataillons d'attaque . Jusqu'au 5 Novembre , la Division lutte vec energie sur la position conquise pour étendre les gains du 29 Octobre. Le 5 de grand matin , le Commandant CHAPUIS , dont les patrouilles audacieuses parcouraient chaque nuit les réseaux de fil de de fer, signale que l'ennemi semble s'etre replié. Le Lieutenant-Colonel lance auusitot l'ordre de poursuite : Les Bataillons en formation échelonnée, sans se laisser arreter par le barrage de 105, poussent rapidement au-delà de la Cote 162, le Régiment, à la nuit, bivouaque sur le terrain conquis. Le 6 de grand matin, la poursuite est reprise, ardente , et malgrès tous les obstacles accumulés par l'ennemi, rupture de routes, inondations.