SOUS-LIEUTENANT JACQUES DEFRASSE

 

sous-lieutenant Defrasse (2)

 

Bachelier ès-lettre et ès science à l' age de 18 ans, Jacques Defrasse entra à l'atelier d'architecture de son père, ou il se prépara à l'Ecole des Beaux-Arts. Brillamment reçu peu à près, il obtint de nombreuses médailles dans différents concours. Une âme d'artiste se dessinait peut-etre par la Villa Médicis. La guerre vint interrompre ses beaux rèves d'avenir et son esprit, autrefois absorbé par des visions esthétiques, fut dès lors occupé par la volonté de défendre son pays.

Il partit donc, le coeur plein d'enthousiasme . Après quelques mois d'instruction il passa l'examen d'E.O.R., fut nommé aspirant et envoyé sur sa demande au front, dans un bataillon de marche, puis versé au 174e de ligne, régiment d'attaque . C'est aux Eparges qu'il reçut le baptême du feu et qu'il obtint sa première citation à l'ordre de la 48e Division:

"A fait preuve d'entrain et de courage, à énergiquement commandé sa section sous le feu et pendant tout le combat a assuré efficacement la liaison de sa compagnie avec l'unité placé à sa droite''

Cette citation résume son attitude héroique pendant ce dur combat ou est resté seul après la mort de son lieutenant pour commander la compagnie, il résista aux assauts impétueux des Allemands et sut faire venir du renfort au moment critique. Mais ces durs combats n'étaient que les préludes de ceux qui devaient suivre. Quelques jours après, ce fut en Artois, sur les pentes de Notre Dame de Lorette, que la division fut à nouveau engagée. Sa section est désignée pour s' emparer d'un groupe de maisons à 200 mètres au-dessous d'elle. Comprenant que c'était la mort, Defrasse s'élance courageusement à la tête de ses hommes, sous un  feu terrible de mitrailleuses. Echappé miraculeusement au péril, l'aspirant était appelé le soir même par le Colonel, qui le nommait Sous-Lieutenant sur le champ de bataille.

Tant d'efforts glorieux méritaient un peu de repos, mais on avait besoin de braves et le régiment dut se porter plus au Nord. Le 16 juin, l' ordre est donné d'attaquer les tranchées allemandes dites " tranchées des Saules" près de la route d'Aix-Noulette-Souchez. C'est là que notre jeune officier devait trouver la mort. S'élançant comme toujours sans penser à lui , il s'empara de deux tranchées allemandes, à la grenade; il courait vers la troisième , la baïonnette haute, lorsqu'une balle l'atteignit à la tempe et le tua sur le coup.

sous-lieutenant defrasse

La nuit suivante, sous la mitraille, ses hommes allèrent ramasser son corps entre les deux lignes et l'enterrèrent pieusement au cimetière d'Aix-Noulette ; puis, pour perpétuer son souvenir, ils donnèrent à un boyau de communication le non de leur jeune chef, qu'ils aimaient tant,c'était bien un chef dans toute l'acceptation du mot que le sous-lieutenant Defrasse.

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Aimant beaucoup ses hommes, il s'en était fait aimer ; il était des leurs et n'acceptait de son rôle de chef que le danger. Au combat, toujours plein de sang-froid et d'énergie, d'un courage et d'un entrain extraordinaires, il menait brillament à l'assaut ses hommes qui l'adimiraient. La lettre que le commandant a adressée à ses parents est le plus bel éloge qu'on puisse faire de lui:

"Votre cher enfant personnifiait le vrai courage français : déjà cité à l'Ordre de la division et promu sous-lieutenant pour sa bravoure au feu, il faisait l'orgueil et l'admiration de tous: vous avez le droit d'en etre fiers; malheureusement une balle inconsciente est venue faucher cette belle existence. Il est mort en brave, en héros, et je sais que le Colonel l'à proposé pour une nouvelle citation, qui sera un témoignage éclatant de son courage et de ses vertus."

Voici cette dernière citation à l'Ordre du 21e Corps d'armée:

Antérieurement Cité à l'Ordre de la division pour sa bravoure, a entrainé sa section à l'assaut et a été tué au moment ou il abordait la tranchée ennemie."

Après la guerre, la famille récupéra le corps du sous-lieutenant Defrasse pour l'inhumer dans le caveau familial. Son père, architecte de France éleva à l'endroit même de son décès un monument dédié à la mémoire de son fils.

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