26 juillet 2007
L'HISTORIQUE DU 174°R.I. EN B.D.
23 juillet 2007
HISTORIQUE DU REGIMENT
Formé le 11 Février 1915, par ordre n°2882 du 8 Février du Général Commandant en Chef, créant la 48° Division, composée des 95° et 96° Brigades, de nouvelle formation avec 2 bataillons tirés du 170° Régiment d'infanterie, alors stationné dans la région de Retheuil (Aisne) et un bataillon de marche venu de Langres, et fourni par le 21° Régiment d'infanterie.
Le 174°RI, commandé par le Lieutenant-Colonel VERET forme, avec le 170°, la 95°Brigade d'infanterie.
Un mois à peine après sa formation, pour ses débuts, le 174° prend une part très active aux combats de Mesnil-les-Hurlus (Cote 196, bois Jaune brulé), du 12 au 26 Mars 1915.
Malgrès les fatigues de plusieurs jours de tranchées au contact continu de l'ennemi, le troupe fait preuve de beaucoup de mordant et d'enthousiasme. Les pertes éprouvées ont été sensibles. Les chefs ont la conviction de pouvoir dire que toutes les pertes ont été faites face à l'ennemi sans que le plus petit mouvement de recul se soit produit, au contraire , du terrain a été gagné.
Le 27 Mars , le régiment quitte ses emplacements après relève pour aller bivouaquer aux environs de Somme-Tourbe, d'ou il part après avoir été reconstitué en partie, pour gagner son cantonnement de repos, d'abord à Saint-Amant-sur-Fion, puis à Somme-Vesle.
Le 25 Avril 1915, le régiment est enlevé en automobile à 9 heures du soir, pour etre transporté dans la région de Verdun (Meuse), région dans laquelle il est débarqué le 26 Avril. Il cantonne à Belleville jusqu'au 1er Mai, date à laquelle il exécute son mouvementpar voie de terre pour se rendre dans le secteur des Eparges qu'il chargé d'occuper.
Durant son occupation, du 3 au 9 mai , sans céder un ouce de terrain, le régiment contribue fortement à repousser les attaques allemandes du 5 mai, dirrigées nottament sur sa droite (deux bataillons) et a infligé à l'ennemi de lourdes pertes.
Le 10 mai 1915, le régiment va prendre après relève, quelques jours de repos à la caserne Chevert, près de Verdun.
Il embarque, en gare de Dugny, le 14 mai il fait mouvement par voie ferrée pour gagner le secteur de Notre Dame de Lorette, secteur très mouvementé, dans lequel il prend part aux opérations du 19 au 26 mai.
Pendant cette période, il occupe l'éperon de Notre Dame de Lorette, sous un violent bombardement qui bouleverse les tranchées et les boyaux et interdit toutes communications, il livre chaque jour d'incéssants combats.
Le 16 juin, il est à Angres, où, sous l'energique impulsion du Colonel Colonna D'Istria, il attaque la tranchée des "Saules" et l'enlève avec un entrain et une fougue irrésistibles.
Le 174° fait partie de la 48° division qui, à la suite des opérations de Notre Dame de Lorette et d'Angres, est cité avec le 21° corps d'armée et la 58° division à l'ordre de la Xème armée pour avoir :
"SOUS LE COMMANDEMENT DU GENERAL MAISTRE, ONT FAIT PREUVE, AU COURS DES ATTAQUES RENOUVELEES,PENDANT PLUSIEURS SEMAINES CONSECUTIVES, ET SOUS UN BOMBARDEMENT INTENSE ET CONTINU DE JOUR ET DE NUIT, DE L'ARTILLERIE ENNEMIE, D'UNE TENACITE DE TOUTE ELOGE"
La 3° compagnie du régiment est citée à l'ordre de la division n°10 du 9 juillet, avec la mention ci-après :
"CHARGEE D'ENLEVER UNE TRANCHEE ENNEMIE, DEFENDUE AVEC OPINIATRETEE,S'EN EST EMPAREE SOUS UN VIOLENT FEU D'ARTILLERIE PAR UNE BRILLANTE ATTAQUE A LA GRENADE ET EN FAISANT UN GROUPE DE PRISONNIERS, CE QUI A EU POUR CONSEQUENCE DE COUVRIR LE FLANC DROIT DE LA DIVISION DANS SON MOUVEMENT EN AVANT ET A AIDE LA PROGRESSION DES TROUPES VOISINES"
A la suite des différentes opérations auxquelles le régiment a pris part sur le front de Notre Dame de Lorette et d'Angres, il est appelé a opérer dans le secteur de Vingré-Confrecourt (Aisne) , il fait alors mouvement en camions le 6 juillet d'Hersin-Coupigny à la gare de Saint Pol, Pas de Calais, s'embarque dans cette gare et est transporté à destination de Longpont (Aisne), où il débarque le 7 juillet à 7 heures, stationnement pendant quelques jours à Coucy, puis il se rend par voie de terre à Montigny, Langrain où il profite d'un repos lui permettant de se reconstituer complétement.
Il prend enfin possession du secteur de Vingré-Confrecourt qu'il occupe pendnant la période du 2 aout au 16 septembre 1915.
Le 23 aout, le régiment reçoit son drapeau. La remise a lieu à Rethondes et à Sainte Claire.
Le 5 septembre, le lieutenant colonel Dubois prend le commandement du régiment, en remplacement du colonel Colonna d'Istria promu général.
Appelé a participer aux affaires de fin septembre 1915, le régiment fait mouvement par voie ferrée le 27, et le voilà arrivé en pleine action devant la butte de Souain. Là encore la lutte est rude. On se rappelle l'émoi que causa à nos ennemis le coup violent que leur asséna le général de Castelnau enfonçant les lignes mêmes où 3 ans plus tard devait se décider le sort de la guerre. Plus de 30 000 prisonniers, 300 canons, tel était le bilan de cette brillante bataille.
Le régiment eu sa part brillante, février 1916 trouve le régiment à Verdun où, à deux reprises, sous les ordres du lieutenant colonel Dubois, il fit preuve d'une indomptable energie.
Le 28 février, il s'empare du "Bois Feuilla" et de la ferme de Soupleville, aux environs d'Eix.
Le 3 mars, il attaque le village de Douaumont, et s'y maintient quelques temps, malgré les vigoureuses contre-attaques ennemies sortant du Fort de Douaumont et un bombardement formidable de la position.
Le 25 avril le 174° RI monte de nouveau devant Verdun, dans le secteur de Fleury, le 7 mai il attaque le fortin " vigoureux" et la tranchée "Morchée" et malgré la violence extrême du bombardement, obus de gros calibre (150-210-305) et tropilles qui bouleverse nos tranchées et nos boyaux, qui ensevelit les défenseurs, les vagues allemenandes, fauchées l'une après l'autre, ne peuvent aborder nos lignes; le couteau à la main, l'ennemi s'élance sur nos positions, où le déluge de fer s'abat avec une violence inouie, c'est une lutte gigantesque, un combat infernal : quelques allemands parviennent à 5 mèttres de nos tranchées mais tombent à leur tour. 3 attaques menées avec une énergie farouche et désespérée se brise devant nos feux, pas un pouce de terrain n'a été perdu.
Le 174° RI reçoit le 28 mai 1916, pour cette admirable conduite devant Verdun, la citation suivante :
ORDRE DE LA IIème ARMEE
"SOUS L'IMPULSION DU LIEUTENANT-COLONEL DUBOIS, CHEF ENERGIQUE, BRAVE, ET D'UN REMARQUABLE SANG-FROID AU LENDEMAIN D'UNE ATTAQUE QUI LUI AVAIT PERMIS DE PRENDRE PIED DANS UN FORTIN PUISSAMMENT DEFENDU,A RESISTE, SANS PERDRE UN POUCE DE TERRAIN, A PLUSIEURS ASSAUTS SUCCESSIFS ET VIOLENTS, PRECEDES D'UNE VIOLENTE PREPARATION D'ARTILLERIE, QUI AVAIT DETRUIT SES DEFENSES ACCESSOIRES ET NIVELES SES TRANCHEES : A FAIT SUBIR A L'ENNEMI DES PERTES SERIEUSES.
S'EST TOUJOURS DISTINGUE PAR SON ENDURANCE ET SA GRANDE BRAVOURE, DANS LES NOMBREUSES AFFAIRES AUXQUELLES IL A PRIS PART."
SUITE
Engagé à deux reprises différentes sur le front de bataille de la Somme, le 174°RI, que commande toujours le lieutenant-colonel Dubois, livre plusieurs combats avec un allant et un entrain remarquables. Le 7 aout , d'un élan superbe, il s'empare du bois de Monacu, et emporté par son entrain endiablé, le régiment dépasse l'objectif qui lui était fixé et capture 230 prisonniers, il s'accroche au terrain conquis et s'y maintient malgré les violentes contre-attaques de l'ennemi qui subit des pertes sérieuses.
Le 12 septembre, il attaque et se rend maïtre de la tranchée des Berlingots et du bois Madame en faisant plus de 300 prisonniers, par deux fois l'ennemi contre-attaque avec violence, mais chaque fois les vagues d'assaut échouent devant nos feux; tout le terrain, près de 4 km en profondeur, est resté entre nos mains.
Le lieutenant-colonel Dubois, qui avait commandé le 174°RI, à Verdun et dans la Somme avec une décision, une habileté, une énergie si remarquables est appelé à accomplir une mission délicate en Roumanie et le régiment n'eut pas la récompense qu'il attendait et pour laquelle il était proposé.
En 1917, sous le commandement du lieutenant-colonel Dubroca, le régiment prend part à deux offensives françaises. Le 4 mai, au Godat, il s'empare d'une partie du bois Séchamp, où il fait une centaine de prisonniers, dont plusieurs officiers et prend une dizaine de mitrailleuses. Le 23 octobre il appuie l'attatque de la Malmaison. En 1918, c'est le Tardenois, malgré les conditions de terrain extrêmement difficiles, malgré les violents barrages d'artillerie et le grand nombre de mitrailleuses et de mitraillettes, le 1740RI après 5 jours de secteur attaque sur le Clignon, s'empare de la position dominante du bois de Givry, s'accroche à l'adversaire qui, ébranlé par nos vigoureuses attaques lache pied et recule; le régiment le poursuit pendant 30 km jusqu'à la Fére-en-Tardenois où son effectif affaibli par de lourdes pertes ne lui permet plus de continuer la poursuite.
BATAILLE DE CHAMPAGNE
Après 4 jours de repos à Vandresi le régiment est transporté en camion dans la zone occupée par la 4ème armée, sous le commandement du Général Gouraud, le glorieux vainqueur de Champagne. Le 15 juillet 1918, le régiment cantonne dans la région de Viel-Dampierre. Le temps est employé activement a préparer les prochaines offensives.
Le 12 aout, le régiment, par voie de terre, gagne le secteur du Nord de Suippes. Là même où en 1915, il avait pris place pour la première bataille de Champagne.
Le 14 aout, le commandant de Miscault, prend le commandement du régiment, en remplacement du lieutenant-colonel Delacroix, appelé à un autre emploi. Ce jour là, le Général Gouraud réunit des délégations de tous les régiments de la 4ème armée. Une magnifique revue est passée sur le Jard, au cours de laquelle le général remet les fourragères aux régiments qui ont livré les batailles de juillet. Cette belle cérémonie est suivie d'un banquet de 2000 couverts offerts par le général aux plus braves d'entre les braves.
Ala table d'honneur et à la droite du grand Chef est assis un simple soldat décoré de la médaille militaire et de la Légion d'honneur.
SUITE 1
La fin du mois d'Aout est marquée par une activité croissante de l'ennemi.Son artillerie surtout fait un usage considérable d'obus à gaz, qui rendent le séjour dans les tranchées assez pénible et nous causent des pertes regrettables. Il faut maintenir l'ennemi en haleine, préparer le régiment à une grande offensive qu'on sent proche.
Cependant, il faut etre partout pret à contenir une contre-offensive, toujours possible de l'ennemi. La tache du régiment consiste donc à améliorer les positions et à tenter des coups de main. Le 29 Aout , le Lieutenant-Colonel De Miscault monte avec le concour de l'artillerie une reconnaissance offensive dans le bois Guillaume, dont le nom est légendaire. A 5 heures, après une préparation très courte , mais très violente de l'artillerie, la 11° Compagnie se jette sur le bois Guillaume. Les Boches qui refusent de se rendre sont tués dans leurs abris. Au bout d'une demi-heure, la 11°Compagnie rentre avec 9 prisonniers. Le Général NAULIN, Commandant le 21°Corps d'Armée tient à venir lui-meme, dès le lendemain remettre les récompenses aux braves qui ont appris aux Boches que le 174°RI était un peu là.
Le 11 septembre, c'est une forte patrouille du 1er Bataillon qui se jette par surprise à la nuit sur un poste allemand qu'elle extermine et ramène un prisonnier. Le 18 septembre, les Boches tentent un coup de main sur le G.C.Frédéric, à l'ouest du bois Guillaume.
L'ennemi échoue sous les fux du 2ème Bataillon et laisse 2 prisonniers entre nos mains.
Le lendemain, à minuit, la compagnie Corréard se jette sur la tranchée de MAILLY, pousse jusqu'à la cote 150 et ramène 4 prisonniers . Le Général NAULIN, comme il l'avait fait pour la 11ème Compagnie , remet lui-meme la Croix de Guerre aux braves de la 7ème compagnie.
L'ennemi se venge en bombardant avec rage le camp des abris Roques et les abords de Suippes.
Le 24 septembre, l'armée GOURAUD se prépare à l'attaque: les mouvements s'exécutent dans les nuits des 24 et 25. Le 174°RI glisse vers l'est, s'intercale entre le 409° et le 170° RI. Il s'établit dans la parallèle de départ dans l'ordre: 2° Bataillon(Commandant CHAPUIS), 1er Bataillon (Capitaine LE RASLE), 3°Bataillon (Commandant FRENOT).
L'objectif est la butte de Souain, puis la tranchée de Wiesbaden, le chemin de fer de Bazancourt, troisième ligne de la première position.
Après une magistrale préparation d'artillerie , qui commence à minuit le 26, le Bataillon CHAPUIS part à l'attaque avec ardeur, malgrès les tirs de barrage, les difficultés provenant du terrain, du brouillard et de la fumée, il atteint assez rapidement l'objectif qui lui est assigné, la tranchée de CORSE, face à la première ligne de la butte de Souain.
Le Bataillon LE RASLE exécute alors un passage de lignes, les compagnies POTEAU et RUMEAU, appuyées par la C.M. MARTIN et de l'artillerie de tranchée se lancent dans le No Manns Land bouleversé, en dépit des rafales de mitrailleuses et des barrages des minen du plus gros calibres. Le Capitaine LE RASLE et le Capitaine Martin sont là, en première ligne, sur la base de départ, dirigeant l'action, debout sous les balles.
Le premier Bataillon, emporté par sa fougue à travers toute la butte de Souain, dévale le long des pentes boisées le long du bois des CORBEAUX et du COUPERET, mais la nuit vient, il importe de s'arreter pour fixer le barrage de nuit et se regrouper. Le premier Bataillon doit se reformer sur la butte de Souain tandis que le 3° Bataillon (Capitaine FRENOT) exécutant à son tour un passage de lignes occupe le bois du COUPERET, en contact immédiat avec l'ennemi qui, pour couvrir son artillerie Lourde attardée, tient les tranchées de WIESBADEN et de BONN. Le résultat de la journée est satisfaisant: il a été fait plus de 200 prisonniers, un grand nombre de mitrailleuses, 3 canons, 1 minen de 240 et 6 fusils contre tanks, aussi une énorme quantité de matériel, des trains entiers capturés à la station du bois du CORBEAU, la position formidable de la butte de Souain , qui va permettre à notre artillerie de s'installer à la faveur de la nuit, aux tanks aussi d'aborder; la position intermédiaire est tenue. La nuit est employée à achever le nettoyage du terrain. Un Caporal ramène à lui seul 47 prisonniers. Une aataque est montée au lever du jour sur les tranchées de BONN et de WIESBADEN avec le concours des tanks. L'opération ne réussit que partiellement, le 3°Bataillon faisant 50 prisonniers s'empare de la tranchée de BONN mais arrété à gauche devant la tranchée de WIESBADEN
SUITE 2
Les tanks pris à partie par l'artillerie ennemie, ne peuvent dépasser le bois du COUPERET, pour éviter des pertes inutiles. Le Lieutenant-Colonel, après reconnaissance minutieuse du terrain et entente du Capitaine FRENOT, monte une attaque brusquée, après une préparation courte et violente d'artillerie. Cette attaque se déclanche à 11h30. Le Capitaine BRILLAUET court littéralement après les obus, il pénètre à la tete de sa Compagnie (10°) dnas la tranchée de WIESBADEN, où il fait 200 prisonniers.
Le Bataillon poursuit son avance, dépasse le chemin de fer de SOMME-PY, capture 4 canons de 150, 4 canons de 105, 8 canons de 77 et atteint à la nuit tombante. Tous les objectifs qui lui sont assignés; le Lieutenant-Colonel, résolu de pousser au plus vite jusqu'à l'objectif éventuel (tranchée des PRUSSIENS D'ESSEN) fait avancer les tanks jusqu'à la voie ferrée, le 2° Bataillon (Bataillon CHAPUIS) exécute un passage de lignes et se place face à l'objectf en avant du Bataillon FRENOT. Le 1er Bataillon (Capitaine DUC) quitte la butte de SOUAIN, vient s'installer à la tranchée de WIESBADEN et à la voie ferrée.
A 5 heures du matin, le Bataillon CHAPUIS accompagne les tanks, se jette avec un magnifique élan sur l'objectif éventuel, il s'en empare. Le Capitaine CARRAS à la tete de sa Compagnie, met la main sur 4 minens contre tanks, l'ennemi fuit en désordre.
Le Bataillon CHAPUIS ne pourra se maintenir qu'à force d'énergie sur cette position , en avant de 500 mètres sur les autres régiments voisins. Il est soumis toute la journée à des contre-attaques incessantes. Il faut remarquer le courage des agents de liaison DESSALES et BLANCHARD.
La situation, un instant critique, n'est maintenue qu'au prix de lourdes pertes, grace à l'énergie du Commandant CHAPUIS et aux sages dipositions du Capitiane FRENOT, Commandant le 3°Bataillon et grace au concours éclairé des Commandants de l'artillerie ,les Commandants JEANNEAU et MAILLARD.
A la nuit, les Bataillons FRENOT et CHAPUIS sont relevés par le 17°RI et vont se reposer sur la butte de SOUAIN, tandis due le Bataillon DUC reste en soutien du 17° à la voie ferrée de SOMME-PY.
Il serait trop long de relater tous les actes d'héroisme éxécutés au cours de ces trois journées de lutte ardente. Les citations à l'ordre de l'armée en sont le résumé éclatant.
Dans la nuit du 2 au 3, le Régiment se reporte en entier en avant, après un déplacement exécuté de nuit sous un violent tir de barrage. Il fait face au Nord-Ouest et attaque la vallée de l'AURE. Le 1er Bataillon, sous le commandement du Capitaine DUC, est en tete , le 3°Bataillon (Bataillon FRENOT) en échelon à droite, le 2°Bataillon (Bataillon CHAPUIS), plus éprouvé, reste en arrière.
suite 3
A 9 heures, les bataillons de tete ont atteint les objectifs, la journée est employée à réduire les centres de resistance dépassés qui, à chaque instant , se révèlent dans ce terrain accidenté et boisé que celui qui ne l'a pas vu ne peut se représenter.
Le Régiment voisin , n'ayant pu progresser aussi rapidement. Le 174°R.I. doit agir dans le secteur de droite . Là encore, il fait de nombreux prisonniers et fait ampte moisson de mitrailleuses. La compagnie RUMEAU, emportée par son élan , se lance à l'attaque d'une batterie de 77 sur la crète de MEDEAH, ORFEUIL, elle met en fuite les artilleurs et s'empare d'un canon.
A droite, la 11° compagnie ( Lieutenant INDRE ) repousse une violente contre-attaque allemande et s'empare de haute lutte de deux nids de mitrailleuses.
Dans la nuit , le 174°R.I., reste en place , le 7 se reconstitue, sur la position Bois des Ronces, tranchée d'Essen, le 9 va pour jouir d'un repos bien gagné dans la région de Tilloy.
Dès le 18, alerté de nouveau il file sur Suippes-Lude-Saint-Thierry, sur Neufchatel, ou la division se trouve en réserve de la 5° Armée, sous les ordres du Général GUILLAUMET, en face de la Runding-Stellung.
Le régiment , très éprouvé, n'a pas le temps de combler les vides creusés dans ses rangs ni de remplacer le matériel démoli. Néamoins, le moral du 174° est très élevé; n'a-t-il pas enfin obtenu cette fourragère tant attendue et si bien méritée pour le motif suivant
ORDRE DE LA IV° ARMEE
Régiment valeureux, aussi persévérant que mordant, appelé à participer à l'offensive après 18 jours consécutifs d'occupation de secteur a, sous la direction énergique et féroce de son chef, le Lieutenant-Colonel DE MISCAULT , mené pendant trois jours d'abord, puis une duxième fois , un combat acharné ou il a déployé toutes ses qualités d'audace et de tenacité. Du 26 au 29 , malgrès les defenses accessoires accumulées et le terrain bouleversé par le bombardement depuis quatre ans, a brisé la resistance désespérée de l'ennemi, s'emparant des organisations formidables de la butte de Souain et de la 2° position.
Ramené au combat dans la nuit du 2 au 3 octobre , il attaque le lendemain au jour avec la meme ardeur, refoulant l'ennemi à travers un terrain boisé, raviné, parsemé de reseaux et littéralement farci de mitrailleuses et parvient à prendre pied sur la crète d' Orfeuil, à la ferme de Medeah.
Au cours de ces quatres journées de bataille acharnée, il progresse de 12 kilomètres, s'empare de 750 prisonniers, de 21 canons, dont 8 lourds et 1 de 240, de plus de 300 mitrailleuses et de 6 fusils contre tanks.
SUITE 4
N'a-t-il pas tressailli, d'un haine vengeresse en travarsant Reims, la cité détruite ? Le 22 Octbre , le Régiment bivouaque aux abords de Neuchatel, après avoir traversé le champs de bataille du Godat, de Mai 1917, le passage de l' Aisne, rendu très difficile par les destructions opérées par les Allemands dans leur retraite , imposée par la fougues des braves poilus. Grace à la bonne volonté de tous, toutes les difficultés matérielles sont surmontées , le Régiment s'installe dans de bonnes conditions aux emplacements qui lui ont été fixés. Le lendemain , les journées des 23 et 24 sont employées par les cadres à des reconnaissances, par la troupe à l'amélioration des communications. Le 25, le 174°R.I. se porte en avant dans la région de Lor ( Ferme de Ramonchamp ). Nos troupes subissent quelques pertes du fait du bombardement ennemi. Le 26, le 174°R.I. serre sur la 43°D.I. et se rapproche de le Thour. Le Lieutenant-Colonel va à la ferme du Tremblot. Le 27, la 167°D.I. relève la 43° sur les positions conquises au Nord de le Thour, face à Banogne, les 2° et 3° Bataillons sont en première ligne , le 1° Bataillon en réserve. La journée du 28 est employée en organisation de terrain et préparation de l'attaque . Le canon de 37 s'installe en première ligne. Le 29, après une préparation d'artillerie violente, mais mal réglée en raison du brouillard, la Division se porte à l'attaque : Les Bataillons FRENOT et CHAPUIS se lançent dans un magnifique élan, les premières vagues du Bataillon FRENOT pénètrent dans le moulin de Banogne, la 9°Compagnie , sous le commandement énergique du Sous-Lieutenant NOEL , tient toute la journée , sous un feu infernal sur ce point capital , contre lequel l'ennemi concentre tous ses moyens. Le Sous-Lieutenant pousse meme en avant de ce point d'appui au milieu des fils de fer . Il est blessé , le Bataillon, arreté dans sa progression , se fixe sur le terrain et tient la position conquises jusqu'à la retraite. Cependant, le Bataillon CHAPUIS traverse le glacis de 600 metres qui sépare Banogne de la base de départ. La C.M.2 se met en batterie à découvert à courte distance de l'ennemi. Cette audace lui cause des pertes douloureuses. L'ennemi résiste; c'est en vain que les pionniers cherchent à cisailler les fils de fer , ils sont trop larges ! Les deux Bataillons subissent des pertes très lourdes , mais en dépit d'une lutte opiniatre , ils s'accrochent aux fils de fer . Le Bataillons FENOUL, à la nuit , relève les deux Bataillons d'attaque . Jusqu'au 5 Novembre , la Division lutte vec energie sur la position conquise pour étendre les gains du 29 Octobre. Le 5 de grand matin , le Commandant CHAPUIS , dont les patrouilles audacieuses parcouraient chaque nuit les réseaux de fil de de fer, signale que l'ennemi semble s'etre replié. Le Lieutenant-Colonel lance auusitot l'ordre de poursuite : Les Bataillons en formation échelonnée, sans se laisser arreter par le barrage de 105, poussent rapidement au-delà de la Cote 162, le Régiment, à la nuit, bivouaque sur le terrain conquis. Le 6 de grand matin, la poursuite est reprise, ardente , et malgrès tous les obstacles accumulés par l'ennemi, rupture de routes, inondations.
SUITE ET FIN
A 4 heures, le 174°R.I.pénètre de vie force dans Chaumont-Porcien, devant lequel notre cavalerie est arretée, libère une population Française de 600 habitants et s'installe aux avant-postes à l' Est de cette localité. Le 7, la poursuite continue , le Régiment fait un bond en avant d' un quinzaine de kilomètres et vient s' établir à Montmeillant, le 9 il est relevé et cantonne à Saint-Fergen, c'est là que le touche la nouvelle de l'armistice qui met fin aux hostilités. Le 174°R.I. cantonne le 12 dans la montagne de Reims, le 13 près de Repaille. Le Général MAISTRE, devant le premier Bataillon et des détachements de la 167°D.I. remet au drapeau du Régiment la fourragère, si bien gagnée par 4 années d'efforts constants. Dans le cantonnement de Vaugemange, le Régiment célèbre gaiement la fin de la campagne par des feux d' artifices, des séances récréatives ou chacun fait oeuvre d' excellente camaraderie , en distrayant le voisin. Le 20, le Régiment fait mouvement pour aller cantonner dans la région de Fère-en-Tardenois, à la ferme de la Logette, ou un pieux pélerinage est fait aux tombes des Héros tombés au mois de Juillet de la meme année en refoulant les Allemands. Dans les premiers jours de Décembre, traversant tous les champs de bataille de la Marne, le Régiment va cantonner dans la région d' Arlonges, et de Pargny-la-Dhuys, ce n'est que le 12 Janvier qu'à son tour , il s'embarque pour cette chère Alsace, de Chateau-thierry, il est dirigé sur Rambervillers et par étapes, il gagne Wissembourg et occupe successivement Lembach, Wotth, Haguenau, enfin Saverne et Sarre-Union. Dans le début Avril , il est embarqué en chemin de fer pour Armsheim, Wolsheim, Hakenheim, Frelaubersheim, dans la Hesse Rhénane, puis il gagne Mayence et s'installe aux abords de Wiesbaden. Il prend part , le 14 Mai , au service d' honneur organisé pour saluer le Maréchal FOCH, faisant son entrée solennelle à Wiesbaden. C' est là , à Bierstadt qu'il est dissous, le 10 juin le Lieutenant-Colonel DE MISCAULT présente une dernière fois le drapeau aux braves du 174°R.I. . Le 12 Juin, le Général SCHMIDT, Commandant la 167°D.I. salue le drapeau devant les drapeaux et les étendars de la 167° à la gare de Wiesbaden. Le Sous-Lieutenant NOEL , conduit à Epinal ( dépot du corps ) ce glorieux symbole. Le 13 Juin, le 174°R.I. n'existe plus. Les jeunes classes sont versées au 12° Tirailleurs, les autres hommes sont répartis dans l'ensemble de la 10° Armée. Le 174°R.I. a eu une existence éphèmere, mais bien remplie. Créé en vue des affaires du printemps de 1915 qu'on espérait victorieuses, il a été engagé tout de suite à fond jusqu'au début de l'hiver 1915-1916. il a donné à plein deux fois de suite à VERDUN, deux fois dans la SOMME, puis au Nord de REIMS; il a coopéré aux beaux succés de la MALMAISON, puis après un hiver laborieux dans les VOSGES, il a combattu sans arret du 31 MAI à l'armistice. Après avoir coopéré à l'arret du Boche sur l' OURCQ, il l'a repoussé vitorieusement en TARDENOIS, battu à fond en CHAMPAGNE et poursuivi sans relàche à travers les ARDENNES. Sa tache remplie, il disparait en pleine gloire , à la veille de la signature du traité de paix, au coeur meme de l' Allemagne , à quelques kilomètres de FRANCFORT. Le souvenir des braves qui ont porté bien la gloire du Régiment , qui sont tombés sur tous les points du front sera gardé. Le numéro 174° se retrouvera sur les plis de son drapeau , sur les canons ennemis pris au mois de Septembre 1918, et sur des centaines de tombes qui jalonnent sur tout le front des étapes glorieuses.

