A 4 heures, le 174°R.I.pénètre de vie force dans Chaumont-Porcien, devant lequel notre cavalerie est arretée, libère une population Française de 600 habitants et s'installe aux avant-postes à l' Est de cette localité. Le 7, la poursuite continue , le Régiment fait un bond en avant d' un quinzaine de kilomètres et vient s' établir à Montmeillant, le 9 il est relevé et cantonne à Saint-Fergen, c'est là que le touche la nouvelle de l'armistice qui met fin aux hostilités. Le 174°R.I. cantonne le 12 dans la montagne de Reims, le 13 près de Repaille. Le Général MAISTRE, devant le premier Bataillon et des détachements de la 167°D.I. remet au drapeau du Régiment la fourragère, si bien gagnée par 4 années d'efforts constants. Dans le cantonnement de Vaugemange, le Régiment célèbre gaiement la fin de la campagne par des feux d' artifices, des séances récréatives ou chacun fait oeuvre d' excellente camaraderie , en distrayant le voisin. Le 20, le Régiment fait mouvement pour aller cantonner dans la région de Fère-en-Tardenois, à la ferme de la Logette, ou un pieux pélerinage est fait aux tombes des Héros tombés au mois de Juillet de la meme année en refoulant les Allemands. Dans les premiers jours de Décembre, traversant tous les champs de bataille de la Marne, le Régiment va cantonner dans la région d' Arlonges, et de Pargny-la-Dhuys, ce n'est que le 12 Janvier qu'à son tour , il s'embarque pour cette chère Alsace, de Chateau-thierry, il est dirigé sur Rambervillers et par étapes, il gagne Wissembourg et occupe successivement Lembach, Wotth, Haguenau, enfin Saverne et Sarre-Union. Dans le début Avril , il est embarqué en chemin de fer pour Armsheim, Wolsheim, Hakenheim, Frelaubersheim, dans la Hesse Rhénane, puis il gagne Mayence et s'installe aux abords de Wiesbaden. Il prend part , le 14 Mai , au service d' honneur organisé pour saluer le Maréchal FOCH, faisant son entrée solennelle à Wiesbaden. C' est là , à Bierstadt qu'il est dissous, le 10 juin le Lieutenant-Colonel DE MISCAULT présente une dernière fois le drapeau aux braves du 174°R.I. . Le 12 Juin, le Général SCHMIDT, Commandant la 167°D.I. salue le drapeau devant les drapeaux et les étendars de la 167° à la gare de Wiesbaden. Le Sous-Lieutenant NOEL , conduit à Epinal ( dépot du corps ) ce glorieux symbole. Le 13 Juin, le 174°R.I. n'existe plus. Les jeunes classes sont versées au 12° Tirailleurs, les autres hommes sont répartis dans l'ensemble de la 10° Armée. Le 174°R.I. a eu une existence éphèmere, mais bien remplie. Créé en vue des affaires du printemps de 1915 qu'on espérait victorieuses, il a été engagé tout de suite à fond jusqu'au début de l'hiver 1915-1916. il a donné à plein deux fois de suite à VERDUN, deux fois dans la SOMME, puis au Nord de REIMS; il a coopéré aux beaux succés de la MALMAISON, puis après un hiver laborieux dans les VOSGES, il a combattu sans arret du 31 MAI à l'armistice. Après avoir coopéré à l'arret du Boche sur l' OURCQ, il l'a repoussé vitorieusement en TARDENOIS, battu à fond en CHAMPAGNE et poursuivi sans relàche à travers les ARDENNES. Sa tache remplie, il disparait en pleine gloire , à la veille de la signature du traité de paix, au coeur meme de l' Allemagne , à quelques kilomètres de FRANCFORT. Le souvenir des braves qui ont porté bien la gloire du Régiment , qui sont tombés sur tous les points du front sera gardé. Le numéro 174° se retrouvera sur les plis de son drapeau , sur les canons ennemis pris au mois de Septembre 1918, et sur des centaines de tombes qui jalonnent sur tout le front des étapes glorieuses.